Remka au parc

Dans la ville nippone, les espaces publics - au sens occidental - sont quasi inexistants. Pas de bancs, très peu de terasses (hazukashii kara), et hormis à Shibuya et dans les endroits fréquentés par une jeunesse plus ou moins bariolée, pas non plus de gens discutant dans la rue. Les lieux publics servent à aller d’un endroit à un autre, point. De chez soi à son travail, du travail à un izakaya, de l’izakaya au karaoke, etc.
Les parcs en revanche, certainement en raison de l’exiguité des logements, sont des espèces de lieux neutres, ou l’on croisera fréquemment des groupes de gens en plein picnics, des danseurs répétant une chorégraphie, des musiciens venus répéter sans déranger leurs voisins, des duos comiques (manzai) débutants testant leurs vannes, les incontournables joggers que l’on trouve aussi chez nous (à ceci près qu’on en croise également en pleine nuit), mais aussi des voyants et autres diseurs de bonne aventure, des sans-domicile-fixe…
En fait j’aime bien les parcs japonais.
En plus, aujourd’hui :
- Le nouveau Mario Bros sur Wii est sorti il y a quelques jours. Les curieux pourront lire la citique sur le blog de Vincent.
- YAMAGUCHI Yuka fait de bien jolies images - un peu dérangeantes.
- Les amateurs de Kitty-Chan pourront se faire plaisir avec un laptop bling-bling Swarovski custom aux couleurs de leur personnage favori (via).
PS: Le monsieur du dessin était dans un train, et non dans un parc, mais avec avec un peu d’imagination…
5 novembre 2007 à 20:17
Les parcs seraient donc la forme japonaise de l’espace public en Occident, inventé par les grecs (voire même avant, les égyptiens) ?
Il est beau, ton vieux bonhomme fatigué avec sa casquette de base-ball
6 novembre 2007 à 0:34
Les parcs sont aussi le seul endroit (à ma connaissance) où les couples peuvent échanger des gestes affecteux sans être camouflés par la foule (comme dans le train ou les escalators), ce qui ajoute à leur côté no man’s land, hors de la société.
21 novembre 2007 à 1:42
“Les lieux publics servent à aller d’un endroit à un autre, point. De chez soi à son travail, du travail à un izakaya, de l’izakaya au karaoke, etc.”
Le jésuite portugais Luis Frois remarquait déjà (en 1585 !) qu’”En Europe, les gens discutent et se divertissent sur les places publiques et dans les rues ; au Japon, seulement dans les maisons, et dans les rues ils ne font qu’aller leur chemin”.
Gros contraste avec la tradition du “paseo” ibérique… :o)