Tanuki sévèrement burné

Je me devais de faire un jour une note sur les tanuki (狸) - j’espere que vous me pardonnerez la formidable vulgarite crasse de mon titre, j’avoue avoir assez peu d’inspiration sur le coup, mais si vous avez une idee plus rigolote je le changerai avec plaisir. Ceci dit pour une fois, j’espere que cette note sera peut-etre un peu instructive.
Alors un tanuki, c’est d’abord un animal qui existe pour de vrai. En francais, on apelle ca un chien viverrin. Ca ressemble pas mal a un raton laveur, mais le Wikipedia nous informe que contrairement a ceux-ci, il appartient a la famille des viverridés. Soit.
Au Japon, c’est aussi un des esprits de la foret, et comme ses cousins les renards et les chats ils ont la reputation de se transformer pour jouer des tours pendables au voyageur egare, qui se reveilleraient alors en slip, plusieurs jours ou semaines plus tard (interpretation personelle, j’avoue).
On trouve des representations de tanuki un peu partout au Japon, dans les temples, et devant certains commerces. Ils sont caracterises par leurs enormes couilles hypertrophiees. Je me revois encore demander a Monsieur Takahata, lors d’une conference aux Langues’O, pourquoi il les avait representes ainsi dans Ponpoko, et sa reponse amusee que c’etait un attribut traditionnel de ce sympathique animal (ses explications concernant le chat a couille unique de Jarinko-Chie etaient nettement moins convaincantes).
Il existe meme une chanson traditionelle :
たんたんたぬきの金玉は
風もないのにブラブラ
それを見ていた子だぬきが
締めて伸ばして流線型
ce qui donne en francais quelque chose comme
Les couilles du tan-tan-tanuki
ballottent bien qu’il n’y ait pas de vent,
le petit tanuki les regardait,
et d’un seul coup, fit grandir les siennes.
(il existe de nombreuses versions avec des fins alternatives regionales ici - en japonais)
Bref comme vous voyez ca rigole bien chez les tanuki.
Ca me permet d’ajouter quelques trucs plus ou moins en rapport, pour les residants de Tokyo :
- Une expo sur le travail d’OGA Kazuo, “L’auteur des decors de Tonari no Totoro” (et de Ponpoko), au MOT Museum de Tokyo, un travail vraiment impressionant que je recommande chaudement aux amateurs des dessins animes du Studio Ghibili (attention le week-end il y a foule). Plus d’infos ici (en anglais).
- Une expo sur le travail de Barry McGee, des Beautiful Losers, au Watari-um, a voir pour les amateurs de trucs post-graffiti pop-rigolos. Plus d’infos par la (toujours en anglais).
- Un restaurant d’authentique cuisine Ainou (les Ainou sont au Japon a peu pres ce que les indiens d’Amerique sont aux Etats-Unis : discrimines, parques dans des reserves, etc.), bon et original, egalement organisateur d’evenements culturels lies a la culture Ainou, le Rera Chise. Voir ici pour une description detaillee et un plan d’acces (encore en anglais).
- Comme d’habitue, un lien sur lequel cliquer pour augmenter la population de remka町. C’est rigoureusement inutile, et donc forcement indispensable.
7 août 2007 à 9:07
merci bcp;
la question me trainait dans la tête depuis plusieurs années à propos de pompoko!
7 août 2007 à 17:34
J’ai pas compris le titre tout de suite… c’est grave?
7 août 2007 à 21:48
Je crois qu’il est sensé pouvoir utiliser ses kintama comme une arme également.
En tout cas j’ai toujours trouvé cette chanson amusante, et je suis ravi d’apprendre qu’il en existe des version locales. Dire qu’en plus le sujet a été débattu sur 2ちゃねる!
J’aime assez cet animal, j’aimerai bien en photographier.
Dimanche sur NHK ils passent un documentaire sur leur arrivée dans les villes, par manque de nourriture dans les forêts (si j’ai bien compris). Dommage, je ne serai pas au Japon pour le regarder!
http://www.nhk.or.jp/darwin/program/program024.html
Quelqu’un pour l’enregistrer?
12 août 2007 à 11:22
Et également pour les résidents de Tokyo, il y a le Chingodō-ji, dans le quartier d’Asakusa juste derrière le Sensō-ji, qui est un sanctuaire consacré aux tanukis.