Hotel amour

Un love hotel

Vu que je suis en “extension de visa” pendant ma procédure de renouvellement, je ne suis pas censé bosser pour l’instant, ça me fait de looongues journées de vacances comme je n’en avais pas eu depuis - oula - bien longtemps. Etre oisif dans une ville ou même le plus rétif des étudiants à au moins un ou deux baito est une sensation un peu étrange…
Il fait d’un seul coup très froid sur Tokyo (on a même eu de la neige hier, après un week-end ensoleillé), ça incite à rester au chaud et à écrire des trucs sur son blog. Comme promis, un petit billet sur une spécialité toute japonaise, au même titre que les sushi ou le karaoke, j’ai nommé bien sur les love-hotels, pour les quelques personnes qui ignoreraient encore de quoi il s’agit.

Déja un love-hotel, qu’est-ce que c’est ?
C’est (effectivement, ô perspicace lecteur) un hotel, qui se différencie d’un hotel classique (aussi apellé business-hotel par ici), en ceci qu’il est concu principalement dans le but d’accueillir des couples en quete d’un endroit douillet. Au calme. Avec un grand lit. On s’en doutait un peu, mais j’ai fais durer le suspense : Un hotel de l’amour, c’est d’abord un gentil euphémisme à la japonaise, donc.

Mais attention. Si vous ne vous etes jamais rendu dans ce genre d’établissement, et à plus forte raison si vous n’avez jamais mis les pieds au Japon, vous imaginez peut-etre un bouge sordide, une sorte d’hotel de passe à la sauce nipponne, plus ou moins crasseux, ou un taulier vous demande d’un air entendu si vous voulez une chambre pour la nuit ou pour un moment. Que nenni. Ca serait sans compter le fameux sens du service, des détails pratiques quasi maniaques dont savent faire preuve nos amis nippons. Un love hotel, ca serait plutot un croisement improbable entre un hotel classique, un spa, un parc d’attraction et un sex-shop. Difficile à imaginer quand on n’y a jamais mis les pieds, je le concède.

Un Love hotel, dans le département de Wakayama

Dans un love hotel, on trouvera donc, en vrac : un lit king-size, parfois vibrant, un televiseur geant, diffusant aussi bien les chaines hertziennes que des films pour adultes (duement mosaiqués qux endrois stratégiques, la morale est sauve), un karaoke, une console de jeux, des distributeurs variés (boissons, cigarettes, gadgets sexuels en tous genres), UN préservatif, une salle de bain avec baignoire géante, jaccuzi, des fauteuils de massage…

Dans les plus extravagants, pendant la période dite de la bulle (la montée de la spéculation foncière, dans les années 80) on trouvait parraît-il des hotels thématiques plus proches du parc d’attraction que du lupanar : ring de catch, autos tamponneuses, piscine, SM… Il semblerait depuis que la législation ait un peu changé, et que les love-hotels aient du s’acheter un semblant de respectabilité. Et peut-être surtout, qu’il y ait tout simplement moins d’argent à dépenser pour ce genre de chose,crise économique oblige. Ce genre d’hotels extravagants existe encore, mais je n’ai pas encore eu l’occasion d’y mettre les pieds (si vous avez des adresses ou des liens, vous pouvez les laisser dans les commentaires ;) ). On m’a dit qu’il y en avait vers Shibuya, ou alors en banlieue…

Un love hotel a Ikebukuro : pour la nuit ou pour un moment...

C’est généralement moins cher qu’un hotel classique (à peu près 10 000 yen pour la nuit dans un etablissement milieu de gamme - mais au Japon en général on partage la note en deux), le seul souci étant que généralement on ne peut pas réserver la chambre en avance. Il faut donc se pointer le soir même, et espérer qu’il reste une chambre de libre. Et croyez-moi le vendrdi et le samedi soir, dans les quartiers les plus fréquentés, c’est loin d’être évident… On croise donc dans les environs toutes sortes de couples en goguette, cherchant désespéremment un endroit pour passer la nuit, c’est assez rigolo. Des étudiants fauchés ou des jeunes salariés habitants encore chez leur parents, des parents dont les enfants habitent encore à la maison (une maison japonaise, donc généralement plus petite que sa consoeur européenne, avec des murs en papier à cigarette), couples plus ou moins illégitimes… Loin du côté sordide qu’on pourrait s’imaginer, c’est généralement assez bon enfant, et très décomplexé (on évitera quand même de regarder avec trop d’insistance les autres clients de l’hotel, “ça ne se fait pas”).
Aucune pièce d’identié n’est demandée, le visage des gens de la réception est généralement masqué, quand le check-out n’est pas entièrement automatique : vous ne pouvez sortir de la chambre que si vous insérer la somme due dans une sorte de parcmètre inclu dans le mur.

A Tokyo, les plus connus sont du côté de l’incontournable Kabukichou, à Shinjuku, et sur la colline de Dougenzaka, à Shibuya, vers Ikebukuro, mais il y en a en fait un peu partout, souvent pas très loin des gares… Ces batiments aux couleurs pastels, aux formes parfois vraiment originales, et aux noms souvent évocateurs (parfois en francais d’ailleurs, “mon amour”, “le chateau”, etc.) se retrouvent jusque sur les bords des autoroutes, et sont généralement difficiles à rater. L’entrée est étudiée pour être discrète, et on peut à priori espérer entrer et sortir sans être vu (hormis par les omniprésentes caméras de sécurité, évidemment).

Personellement, j’aime bien le Bali An, à Shinjuku. Entre le spa et le love-hotel, avec des chambres confortables, des fauteuils massants, toute une panoplie de services divers (depuis le hammam et les huiles essentielles, jusqu’au mini planétarium a installer au dessus de son lit), des baignoires gigantesques ou on doit pouvoir tenir à quatre facilement (photo), on n’a pas du tout l’impression d’être dans un love-hotel. Compter environ 15 000 yen pour la nuit par contre - ca peut faire un peu mal au portefeuil si on utilise beaucoup le room service…

Pour les amateurs d’un autre genre, l’hotel Alpha-In (pas testé), à Roppongi, offre toute une panoplie de chambres sur toutes les variantes du SM : grotte, chambre d’hopital etc. Si jamais j’y fais un saut, je vous raconterai peut-etre ;)

D’autres liens :
- Love Motel Map, une carte interactive des love hotels de la région de Tokyo (en japonais, et en flash).
- Satellite of Love, un petit essai sur les Love-hotels, en anglais.
- Love hotels: Where have all the mirrors gone? toujours en anglais, avec pas mal de photos rigolotes…

Si vous avez des adresses, des liens ou des histoires sur les love-hotels, commentaires bienvenus !

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7 Commentaires sur “Hotel amour”

  1. Slow Philou nous interpelle :

    Eh bé mon cochon ! :o)

  2. Slow Philou nous interpelle :

    Je n’ai passé que 2 semaines au Japon dans les années 80, avec des collègues de travail dont certains y étaient déjà allé plusieurs fois, et PERSONNE ne nous avait rien dit sur l’existence de ces hotels d’amour.
    ‘Tain, j’y ai vu que du feu, moye ;-)

  3. Selkaen nous interpelle :

    Tu les as peut-être vus sans savoir de quoi il s’agissait (bâtiments à l’architecture extravagante apparemment) ?

  4. done nous interpelle :

    C’est moins cher que les business hotel, et des fois plus confortable non?
    C’est bien dommage, mais on ne peut pas y aller seul d’après ce que j’ai lu.
    Et aussi, quand c’est 2 filles, elles ne peuvent pas non plus…
    Comment ça se passe si c’est un distributeur de clés?

  5. RMK nous interpelle :

    done > C’EST plus confortable. Je ne connais pas de business hotel dans des prix raisonnables ou tu as un lit king-size, une télé géante avec playstation 2 et karaoke, 20 chaines cablées, frigo, micro-onde, jacuzzi, fauteil massant et des tonnes de produits de beauté et de services variés offerts.
    A mon avis il y a pas mal d’endroit ou tu dois pouvoir y aller à deux personnes du meme sexe, (voire à 3 ou 4 ;) …), notamment ceux ou la réception est pratiquement entièrement automatique. Je suppose que ca dépend es endroits (par exemple Kabukichou n’est pas loin du quartier gay de Tokyo), de l’heure ou tu y vas etc.

    D’après ce qu’on m’a réconté, dans les hotels de province, si tu es gaijin et que tu ne parles pas (ou que tu fais semblant de ne pas parler) japonais, tu dois à priori pouvoir passer la nuit seul(e), la personne de la réception ayant généralement beaucoup de mal à t’expliquer en anglais qu’un love-hotel c’est mmm … destiné aux couples.

  6. done nous interpelle :

    C’est par rapport au fait qu’ils avaient peur qu’une personne seule y aille pour se suicider…

  7. Pedro Guanaes nous interpelle :

    Salut RMK, trés sympa ton blog, au fait pour la petite histoire après avoir été une entreprise de carte à jouer, Nintendo avait toute une chaine de ces hotels de l’amour, juste avant de faire du jeux vidéo (les mauvaises langues diront Nintendo Entertainemnt Sytem ;)). Sinon ce genre de chose n’exhiste pas qu’au japon mais aussi dans son Pays frère le Brésil (Pour ceux qui ne savent pas le Brésil concentre la plus forte communaté nippone hors du Japon) et je me demande qui a copié l’autre car le principe est le même. Avec ma femme on preferait d’ailleurs quand on voyageait en voiture s’arreter dans des love hotel que des hotels car on pouvait arrivé à l’heure que l’on voulait et si tu y passes la nuit le petit dejeuner (copieux) est offert ;)
    Voici le guide brésilien en ligne des love hotel http://www.nomotel.com.br/ à toi de trouver s’il en existe un japonais. Sinon une derniere question, est ce que les protege lit (entre le matelas et les draps) est en plastique?