Les femmes (et les enfants) d’abord

Women only. Encore un titre pas terrible - je plaide coupable.
Et un sujet bateau, vu qu’à peu près tous les médias hexagonaux ont du parler de ça dans un des nombreux reportages tarte-à-la-crème sur le pays du soleil-levant, sur le mode “regardez comme les Japonais sont bizarres”. (certes parfois, vu d’un oeil européen ils le sont, mais la n’est finalement pas le problème).
Au Japon, on trouve donc des wagons de trains qui sont uniquement réservés aux femmes (pas tout le temps hein, juste pendant les heures de rush, celles ou on est vraiment très serrés). Des wagons pour éviter les pince-fesses, les frottements inconvenants, et les attouchements non désirés dans les transports en commun. Quelque chose qui ne m’est jamais arrivé donc, mais dont la population féminine de l’archipel semble être la victime - en fait d’après ce que j’ai compris en discutant avec des amies françaises, ca n’arive pas seulement au Japon.

Ici on apelle ca chikan, et la ou ca diffère pas mal de la France, c’est qu’une fille qui se fait toucher les fesses ici ne dira strictement rien. Rien du tout. Elle fera semblant d’ignorer ce qui se passe, serrera les dents, paralysée par la honte. Car c’est elle qui aura honte - et non le pervers en question, qui bénéficiera de la fameuse règle du pas-vu-pas-pris. Il y a des amendes pour ce genre de choses, mais comme généralement personne ne va porter plainte… On fait des wagons séparés.

Je ne me souviens plus du bouquin dans lequel était opposé le Japon, et sa “culture de la honte”, a la civilisation judeo-chrétienne, et sa “culture de la culpabilité” (serait-ce Muriel Jolivet ?), mais c’est quand je vois ce genre de choses que je me dis que c’est peut-être un peu fondé quelque part.

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6 Commentaires sur “Les femmes (et les enfants) d’abord”

  1. Raton nous interpelle :

    Si il n’y a aucune chance de se faire avoir, il n’y a plus aucun plaisir a avoir la main baladeuse^^(sic)

  2. Selkaen nous interpelle :

    Et pourquoi en effet ont-elles honte ? Est-ce ancré dans l’éducation de la fille japonaise que quoi que les hommes lui fassent, c’est elle la responsable ?

  3. RMK nous interpelle :

    Selkaen > je pense plutôt que c’est la honte d’attirer l’attention, le fait qu’on soit la victime n’entre pas vraiment en ligne de compte.
    Cette histoire de honte (haji 恥) c’est un truc vraiment important ici, je pense que c’est en grande partie avec ca qu’on arrive à avoir une société aussi homogène - je ferais peut-être une note un peu plus longue sur ce sujet quand j’aurais le temps.

  4. Max F. nous interpelle :

    Ah oui, c’est ouf ca quand meme !

  5. Kaji nous interpelle :

    Je crois que c’est Ruth Benedict qui a parlé de ça en premier dans The Chrysanthemum and the Sword.

  6. goodis nous interpelle :

    Je crois que c’est surtout qu’il est indispensable au Japon de ne pas perturber la surface lisse de la société. Donc on ne fait pas d’esclandre on subit sans déranger les autres avec ses propres problemes. Personne ne veut etre le clou qui dépasse meme victime passive.