Des soirees de celibataires et de l’ennui qu’elles suscitent
Ou le lecteur sera invite a porter un regard critique sur les relations entre les deux sexe dans l’archipel du pays du soleil levant.
Donc il y a 2-3 semaines, je suis alle a un anniversaire. Une amie francaise, un restaurant mexicain (hawaiien ? Je crois que personne n’a jamais pu avoir de certitude sur ce point. En tout cas c’etait sacrement exotique), des Japonais - a vrai dire il s’agissait de pas moins de trois (voire quatre) anniversaire groupes entre eux. Nous etions une vingtaine de personnes, et les discussions allaient bon train, dans trois ou quatre langues differentes.
Ma voisine d’en face m’adresse la parole :
Fille japonaise #1 : salut, tu parles japonais, c’est super ! Tu fais quoi dans la vie ?
Remka : Euhhh je suis graphic-designer mais en fait ce qui m’interesse c’est..
FJ1 : Ahhh graphic-designer ! genial ! Tu travailles ou ?
RMK : A Roppongi, mais…
FJ1 : C’est super ! On fait un goukon avec mes copines ?
RMK : Euhh oui, si tu veux…
Voila comment on se retrouve pris dans un guet-appen, et qu’on passe une soiree lamentable avec quatre japonaises chiantes comme la pluie…
Un goukon (合コン), en gros, c’est une soiree ou le nombre de filles et de garcon est egal, qui est plus ou moins destine a faire des rencontres. En France il y a toujours moyen de discuter avec des gens du sexe oppose quand on sort, ou lors d’une soiree chez un ami d’ami d’ami. D’ami. Au boulot. Dans la rue. N’importe ou, les contacts entre les deux sexes sont quand meme plus faciles, on communique sans trop de problemes. Ici, vu qu’on est dans une societe ou les roles en fonction des sexes sont quand meme beaucoup plus marques qu’en France, ou la pression pour le mariage est encore tres forte pour les filles passe 25 ans, ou on n’a a peu pres aucune occasion de rencontrer d’autre gens que son cercle d’amis proches hors du travail, on fait des goukon. Enfin on fait surtout des goukon quand on est etudiant - ou quand on commence desesperer de ne pas pouvoir se marier. Un goukon ca rassure : on est dans un cadre donne, on sait pourquoi on est la, tout est sous controle. Ca manque absolument de naturel, c’est tres convenu, et en ce qui me concerne, je ne suis pas pres de renouveller l’experience de sitot…
J’ai demande a un ami de reserver un restaurant (il y a des sites vraiment tres bien fait pour ce genre de choses : endroit “special goukon”, avec fiches detaillees : type de clientele, ambiance, standing, fourchette de prix, mais aussi luminosite, moyenne d’age de la clientele, parite homme/femme… Les Japonais n’aiment pas l’improvisation, surtout pour ce genre de choses), et jeudi dernier, apres le boulot, hop, on est alle retrouver les demoiselles en question, dont je n’avais qu’un souvenir tres flou, etant donne la brievete de notre seule et unique rencontre.
La conversation etait deseperement plate. C’est quand ma voisine, cadre chez IBM, m’a affirme d’un ton mi-serieux mi-ironique que la constitution japonaise garantissait aux femmes le droit de faire entretenir par les hommes que j’ai compris que j’avais perdu ma soiree. Je me suis enfonce en declarant etre un feministe convaincu- ca ne l’a pas fait rire du tout. Elle a fui, pretextant avoir du travail tres tot le lendemain matin, et je n’ai rien fait pour la retenir.
Naturellement, histoire de completer la soiree, ma carte de credit n’est pas passee. Bref on ne m’y reprendra pas de sitot.
18 décembre 2006 à 21:29
Elle m’a fait bien rire, ton anecdote du goukon
19 décembre 2006 à 1:50
eh eh, on dirait que notre idee de travail, avec toi est en bonne voie… Je suis pret ! ! !
19 décembre 2006 à 5:15
ca me parrait complique de se degoter une petite chez toi ah ah !
20 décembre 2006 à 8:12
“C’est quand ma voisine, cadre chez IBM, m’a affirme d’un ton mi-serieux mi-ironique que la constitution japonaise garantissait aux femmes le droit de faire entretenir par les hommes que j’ai compris que j’avais perdu ma soiree.”
T’as de la chance, c’est d’habitude après le mariage qu’elles disent ça… ohla, faut que je fasse gaffe ma femme n’est pas loin…
20 décembre 2006 à 11:44
Heureusement que beaucoup de gaijin n’ont pas besoin de gokon pour faire des rencontres !
20 décembre 2006 à 12:21
Oui oui c’etait plus par curiosite qu’autre chose - je n’avais jamais fait de goukon
!
22 décembre 2006 à 4:06
Haa les plaisires des gokon!!
Tu parles de soiree de celibataire, mais on est pas oblige
de l’etre pour y participer. On peut tres bien y aller tout simplement histoire de boire un coup et de s’amuser avec des amis. Mon amie japonaise y va souvent, alors qu’ elle
ne l’est pas, celibataire.
Tu n’a pas du tombe sur la bonne gokon, a charge de revanche!
23 décembre 2006 à 1:55
arf! :s
moi j’ai jamais eu besoin de gouken!
mais c’est vrai que les japonais son tres strict question regle. Et les japonaise veulent toujours prendre les decision pas le temps de dire non!
jvoudrai bien en fair un
23 décembre 2006 à 23:50
Le problème ici n’est pas vraiment de faire des rencontres, ca c’est effectivement très facile
. Le problème serait plutot de rencontrer autre chose que des filles avec a peu près autant de conversation qu’une huitre, ce qui me changerait beaucoup.
Je suppose que le problème vient de moi.