Graphiste français au Japon : recherche d’emploi

J’avais évoqué le sujet il y a quelques temps, et proposé de faire une sorte de petit dossier sur le sujet. Voilà un debut de commencement, avec un certains nombres de points qui m’ont semblé assez représentatifs.

Je précise que ces conseils s’adressent à des personnes ayant déja une formation et/ou de l’expérience dans les arts graphiques, capables de s’exprimer en langue japonaise, et qui cherchent un travail en rapport avec leur bagage.
A la base, je suis venu ici avec un visa “working-holidays”, les personnes intéressées par ce visa pourront trouver plus d’infos sur le site de l’ambassade.

Recherche d’emploi

  • Eviter l’agence pour les “working holidays makers” : absolument rien dans le domaine de l’image, et des payes pas trop intéressantes (rien vu de superieur a 2万 - 200 00 yen - par mois, si on enleve les 20 pourcents de taxe, ca fait un salaire vraiment limite, surtout si vous êtes à Tokyo et que vous avez un loyer à payer). Il ,parraît qu’ils organisent par contre des soirées d’amitié internationale de temps en temps, mais je n’ai pas encore trouvé le temps d’y mettre les pieds.
  • Eviter aussi l’ANPE (Hello work), rien non plus dans le domaine. L’accueil, si il est pittoresque, et parfois en anglais, n’est d’ailleurs pas des plus encourageants (rentrez chez vous ! pas de travail pour les gaijin ici ! en à peine un peu plus poli)
  • Il y a beaucoup plus d’offres qu’en France, pour peu que vous sachiez chercher - et que vous lisiez le japonais, sinon vous serez limité aux pblications destinées aux étrangers - en anglais - et là, la concurrence est beaucoup beaucoup plus rude. Si vous etes graphistes WEB, notamment, en ce moment ca semble recruter a tour de bras. J’ai envoye une tripotee de CV, via Q-JIN et Find Job (leur mailing list est TRES pratique avec des offres ciblees en fonction de vos competences, avec le salaire, les conditions clairtement indiquees), j’ai eu un ratio de reponse de quasi 1/1, avec presque a chaque fois une demande d’entretien.

Entretiens

  • Contrairement à la légende tenace, pas besoin d’etre en costume (sauf si vous postulez comme commercial dans une agence de marketing par exemple ;) ). Comme on m’a gentiment fait remarquer, ここは銀行じゃない (”ici, c’est pas une banque”). On est au Japon, et l’habit fait le moine : si vous êtes créatif, vous vous devez de vous habiller comme tel.
  • Comme en France, l’important est évidemment d’avoir un book - et si possible un book le plus ciblé possible (on aime les spécialistes, ici). Personellement, avant chaque entretien, j’envoyais systematiquement un mail avec un paquet de liens vers mes boulots recents - vu qu’ils sont presque tous visibles en ligne - ca me permet d’arriver quasi les mains dans les poches :) . N’hésitez pas à jeter un oeil sur ce qui se fait au Japon, les styles peuvent être assez différent de ceux qu’on connaît sous nos lattitudes.
  • Generalement, vous serez face a deux ou trois personnes pour l’entretien, qui vont vous donner d’abord leurs cartes de visite : le truc pas mal, c’est d’en avoir une aussi (je suis parti avec tout un stock de cartes que j’ai fait faire en France ;) ), prête à dégainer. J’avais vu vers Montgallet des petits CD-ROM au format carte de visite, ca peut etre un moyen original et marquant (mais onéreux) de faire passer son book…
  • Les entretiens sont generalement beaucoup moins “agressifs” qu’en France : on va essayer de vous sonder, de voir comment vous reagissez. L’aspect relationnel me semble au moins aussi important que les competences, ce qui est loin d’etre toujours le cas chez nous… Dans le meme ordre d’idee, il y a de fortes chances qu’on vous demande quels sont vos “espoirs” kibou 希望 vis-a-vis de l’entreprise, chose qu’on ma rarement demande de facon aussi directe en France (”Avoir une bonne paye ?”), a vous de faire une reponse adaptée. De façon générale, je suis souvent sorti de mes entretiens avec une impression positive - les Japonais sont très forts pour mettre leurs interlocuteurs à l’aise, quand ils veulent. Si votre profil les intéresse, ils vous recontacteront ensuite pour un second entretien - c’est plutôt bon signe, et vous ferons à ce moment là visiter la boîte, vous présenteront les autres employés, etc.
  • Pour la question du visa, j’ai préféré à chaque fois être clair des le debut : “a la fin de mon WH, si le travail se passe bien, j’aurais surement envie de rester, mais il me faudra un sponsor pour un visa de travail”. Les reactions ont été assez variees, mais plutot positives dans l’ensemble. Une kabushikigaisha (”societe a actions” 株式会社) existant depuis longtemps, avec une cinquantaine d’employes sera surement moins reticente qu’une yuugengaisha (”societe limitee” 有限会社) de trois employes existant depuis l’annee derniere - mais en meme temps ca ne veut rien dire…
  • Outre le salaire, verifiez bien la duree de la periode d’essai ou de stage (souvent trois mois, pendant lesquels vous serez paye moins, et licenciable sans preavis - attention d’ailleurs il me semble que le premier salaire est verse avec un mois de decallage, faites des economies), le montant du remboursement des transports, les conges (1 ou 2 jours par semaine, conges payes, fetes de fin d’annee, etc.), les horaires (shift, etc.) . Demandez aussi si il y a des heures supplementaires (en general : oui Very Happy )…

A suivre…

Sur le même sujet (peut-être)

  • Ca ne saurait tarder...

8 Commentaires sur “Graphiste français au Japon : recherche d’emploi”

  1. Selkaen nous interpelle :

    2 articles passionnants dans un temps très rapproché ! Tu gâtes tes lecteurs, cette fois ? A quand Internet à domicile pour toi ?

  2. Slow Philou nous interpelle :

    En tant que DRH qui a eu beaucoup recruté dans des temps anciens (maintenant j’en suis plutôt à décruter), je trouve que s’il y a toutes les différences et nuances que tu as notées dans les méthodes et manières de faire, il y a aussi pas mal de similitudes.
    En fait en France - comme peut-être au Japon mais là c’est toi qui saura le dire - il peut y avoir des styles et pratiques de recrutement variés, selon les entreprises et aussi les domaines d’activité en cause.
    C’est d’ailleurs un sujet d’échanges et discussions qu’on a périodiquement dans nos “clubs de DRH” : dites-nous comment vous pratiquez pour recruter ? Y a-t-il moyen de faire mieux, en se trompant moins souvent, moins de loupés de bons candidats au cours de la partie de chasse, etc …
    Continue, cela me passionne ;-)

  3. Dernier Exile nous interpelle :

    Fais attention, c’est pas parce que ils te sponsorent pour le visa de travail que tu as 100% de chance de l’avoir, tout depens de ton experiences et de tes diplomes…
    si tu sens que tu n’as pas ce qui est requis le mieux est de confier ton dossier a un avocat specialise qui te trouve la bonne combine legale pour que ton entreprise te garde…

    j’ai vu des entreprises japonaises de + de 50 personnes “perdrent” leur WH parce qu’ils n’avaient pas verifie au moment de l’embauche si il avait de tout de maniere les criteres pour le working visa, car sponsors ou pas sponsor tu ne l’auras pas dans ce cas…

    en general les heures supp…ce sont jamais tes patrons qui t’en parle mais tes collegues de travails…officiellement ils te sortiront mais oui pas de soucis pour rentrer a 17h, mais dans quelques temps tout naturellement tu prendras le rythme de la boite…
    Ben bonne chance! on pourrait se croiser!

  4. RMK nous interpelle :

    Selkaen > En fait j’ai le net à la maison depuis le WE dernier. Peut-etre en parlerais-je un poil plus longtemps sous peu. Peut-être pas…

    Slow Philou > je continue alors !

    Dernier Exile > Merci du conseil pour ces histoires de visa :) . Je n’en suis pas encore là, j’y repenserai dans quelques mois, quand j’aurais un peu plus d’ancienneté. A priori niveau critères, le seul truc qui pourrait coincer, c’est que la boite est relativement récente…
    Pour les heures supp’, ils ont été honnêtes : y’en a, mais ca reste supportable pour l’instant -on verra par la suite.

    Bonne chance à toi aussi - et au plaisir de te lire sur ton blog !

  5. Dernier Exile nous interpelle :

    bah si ta boite n’a jamais fait de visa de travail pour un etranger je te conseille la securite, j’ai un de ces avocats “specialise” qui s’occupe de tout et qui t’obtiens le visa a tout les coups….

    ca evite a ta societe de se casser la tete dans les procedures (et a toi aussi) si tu le souhaites je te passerais ces coordonnees… maintenant pour taboite, tout depens de leur bilan financier…. mais fait attention je sais pas quand se finit ton WH, un premier visa de travail, ca se prepare AU MOINS 3 mois a l’avance…

    Bon courage! ;-)

  6. RMK nous interpelle :

    Mon WH se termine en mars 2007, donc je suppose que j’ai encore le temps ^^ !
    Encore merci pour tes conseils (j’espère ne pas avoir besoin d’avocat, mais on ne sait jamais…) !

    PS : Les commentaires sur ton blog semblent fonctionner bizarremen, j’ai un message d’erreur à chaque fois, alors qu’ils semblen postés quand même (d’ou mes messages mutiples).

  7. Pinko nous interpelle :

    Ayant fait les frais d’un refus de visa de travail après un working-holiday, je peux te dire qu’il faut en faire la demande au moins 4 mois à l’avance. J’ai fait ma demande 3 mois à l’avance, et j’ai dû plier bagages en moins d’une semaine quand j’ai reçu la réponse. Particulièrement stressant. Surtout que c’est très aléatoire. Je ne remplissais pas les conditions requises sur un point : le niveau d’études.
    Par contre, il faut avoir un salaire équivalent à celui d’un japonais pour le même type de poste… et c’est un minimum de 200 000 ou 240 000 yens (il faut que je vérifie sur ma paperasse).
    Si l’avocat peut t’aider, n’hésite pas. Seul, c’est presque “quitte ou double”. Mais je crois que tu as le niveau d’études requis, donc de ce côté-là, pour toi ça fera l’affaire. N’oublie pas de faire traduire tes diplômes et les faire certifier conforme. Et attention, l’immigration détruit par la suite les papiers que tu lui as transmise (mais exige l’original des diplômes… une certification d’un original convient aussi).
    J’espère qu’il ne t’arrivera pas la même mésaventure qu’à moi. En tout cas, le fait que tu parles bien japonais peut aussi être un atout.
    Ciao!
    Thomas

  8. RMK nous interpelle :

    Mon visa se termine en mars 2007, j’ai encore un peu de temps pour les demarches je pense - en tout cas j’essaeirai de ne pas les faire trainer !

    Au niveau etudes je pense etre OK, de meme qu’au niveau des revenus . Par contre j’ai cru comprendre que les francais detenteurs d’un visa vacances-travail etaient obliges de quitter le territoire japonais pour changer de statut, ca n’a pas ete ton cas ?

    Bonne continuation, et merci pour tes conseils !