Ou il est (un peu) question de la gente masculine au Japon
Mon patron a trente ans. Trente ans tout juste, ce qui fait à peine deux ans de plus que moi.
Trente ans, et il est célibataire. Et visiblement, il a un peu d’argent de côté.
Que fait un japonais trentenaire non-marié quand il a de l’argent et envie de compagnie féminine, mais qu’il n’est pas nécessairement un dragueur flamboyant ? Il fait comme tout le monde, il va au kyabakura (キャバクラ, ou juste キャバ).
Mais qu’est-ce donc que le kyabakura, me demanderez-vous, avec une lueur interrogative au fond des yeux - et vous aurez bien raison. D’après ce que j’ai pu comprendre, le mot vient d’une contraction - toute japonaise - des mots “cabaret” et “club”, qui ont donc donné en japonais kyabare et kurabu, ce qui donne donc kyabakura. Les Japonais sont friands de ce genre d’expressions raccourcies, des konbini (convienience store) à la rimonkon (remote controller) en passant par la patoka- (patrol car), ce n’est pas ce genre d’expressions qui manquent dans la langue de Kawabata, du moins sous son avatar le plus contemporain. Mais revenons au sujet.
Un kyaba, c’est donc une sorte de club, on on paye entre 5000 yen et beaucoup plus de l’heure uniquement pour taper la discussion avec des jeunes filles - si possible en leur payant des verres. Elles vous tiennent la jambe, rallument vos cigarettes, rient à vos blagues (sob), vous grondent si vous avez trop bu… N’ayant jamais mis les pieds dans un bar à entraineuse français, j’aurais bien du mal à comparer.
En tout cas ici, des endroits comme ça il y en a partout, et c’est tout à fait normal d’y faire un saut avec des collègues de travail, c’est même très souvent la suite logique d’un repas d’affaire bien arrosé. On va au kyaba entre amis, comme d’autres iraient se faire un bowling (ca reste quand même assez masculin, mais ne pensez pas que ces lieux soient peuplés de quinquagénaires, bien au contraire) ou prendre l’apéro.
Mais pourquoi il y a t’il autant d’endroits de ce genre ici ? Déja, parce qu’il ya des hommes qui sont prêts à payer pour théoriquement seulement discuter avec des jeunes filles. A priori, ce n’est pas ouvertement sexuel (chacun faisant bien ce qu’il veut en dehors du travail…). Ensuite, parce qu’il y a un paquet de jeunes filles, bien souvent étudiantes, qui sont très contentes de se faire de l’argent comme ça (à peu près 3 fois le salaire horaire d’un petit boulot, et ça peut monter beaucoup plus haut dans les établissements “de standing”, si on a des clients habitués, etc.), surtout si elles gardent à l’esprit que dans peu d’années elles seront condamnées généralement à un salaire moindre que celui de leurs homologues masculins - en attendant, elles profitent comme elles peuvent du pouvoir qu’elles ont sur les hommes.
Les hommes japonais, je me dis que des fois ils se font vraiment mener par le bout du nez
.
PS : Je ne connais aucune des jeunes filles en photo, je les ai récupérées sur le net pour illustrer mon article, et pour ajouter un petit côté racolleur destiné à faire grimper le nombre de mes visiteurs.
15 juin 2006 à 12:11
La prostitution est légale, au Japon?
15 juin 2006 à 22:53
Comme d’hab, ton (parce que quand même, ce n’est pas une monographie exhaustive de ce sujet passionnat, mais déjà c’est plus qu’un haiku) retient l’attention, et fait … baver, vu qu’on en voudrait plus encore
Tu as mille fois raison d’avoir relancé l’attention de tes afficionados fidèles, juste 3 secondes avant qu’e, de guerre lasse de ne plus rien voir venir de ton traitement sui generis de l’actualité nippone, ils finissent par déserter le blog de leur RMK far away from France favori !!!
Faut pas trop tarder entre deux articles, ton public a faim !!!!
15 juin 2006 à 22:56
La tof de couv qui fait le , on dirait une bavaroise (brune ?) endimmanchée pour une fête de la bière à Nuremberg :o)
16 juin 2006 à 4:18
Slow Philou > faut pas trop tarder, certes, mais encore faut-il que j’ai des choses à écrire - et le temps de les écrire
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Clotilde > La prostitution n’est pas interdite au Japon - comme en France d’ailleurs. Ce qui est interdit en revanche, c’est les maisons closes - mais en fait sur ce point il y a une grande hypocrisie, puisqu’on peut trouver partout des soap lands et des salons de massages divers, ou tout ce qui n’est pas pénétration stricto sensu est autorisé par la loi. Je te laisse imaginer.
19 juin 2006 à 6:18
Que pour parler… certes.. cependant, apres quelques seances avec la meme fille, le client peut s’estimer en droit d’inviter la miss a sortir.. restaurant… club.. Et apres quelques soirees (difficiles pour le porte-monnaie), il peut s’estimer en droit de l’emmener a l’hotel.
19 juin 2006 à 10:15
yvan > C’est vrai que c’est le genre de choses qui arrive… c’est pas systématique, mais ça arrive. Ces demoiselles entretiennent parfois des rapports assez étranges avec leurs clients (amis ? clients ? employeur ?)…
20 juin 2006 à 14:59
Sympa ton article Remka, juste pour completer….
Ces clubs adorent les jeunes (19/25ans) homme ou femmes et ils existent aussi en version femmes qui rencontre des (jeunes) hommes.
La plupart des occidentales qui bossent dans ces clubs le font dans des clubs de haut-standing dont le minimum de consommation est compté à la bouteille (le champagne est le + prisé -evidemment-)
La comparaison par rapport à Paris est qu’à Paris :
1/ la sensation commerciale est nettement + ressentie (paiement d’un service, that all)
2/ gros manque de sympathie. La nana te fait comprendre qu’elle est en train de bosser (comme au bureau). Ce qui n’est pas le cas au Japon. Les filles sont trés, trés proche et complice avec leur client.
3/ Trés grosse possibilité pour que moyennant bcp €, la soirée se termine à l’hotel dés la 1ere fois. Ce qui est totalement impensable au Japon.
4/ A paris, il est parfois un peu compliqué de choisir la nana avec laquelle on veut passer la soirée, puisque c’est elle qui t’agrippe en entrant. Au Japon, les clients viennent si souvent qu’il est possible de passer une réservation téléphonique pour une fille bien précise.
Bref dans les kyabaruka du Japon il n’y à pas de quoi tomber dans la débauche et la luxure. Je pense même que frequenter un club de standing est considéré comme un signe extérieur de richesse. Je me trompe ?
Remka, désolé mais je ne crois pas que tu puisse trouver “ton-bonheur-d’Asie-pour-la- vie” dans ce type d’établissement !
Ils se placent comment les yakusa dans ce business ?
22 juin 2006 à 5:41
Merci pour les précisions !
… Il parrait qu’on peut y croiser pas mal de gens connus, comme par exemple le fils de Junichiro K. , un homme politique bien connu
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En effet, claquer un maximum d’argent dans les clubs de Ginza est effectivement le nec plus ultra pour monter qu’on a réussi
Les yakuza, c’est soit des clients plus ou moins comme les autres, soit des appuis plus ou moins directs (aide financière éventuelle, protection, etc.), soit carrément les patrons. Parfois un peu tout à la fois…
28 juin 2006 à 5:14
Mon peu de connaissances du sujet fait que je suis ouvert a la contradiction, mais…
1/ Ta premiere photo serait plutot celle d’une fille bossant dans un maid cafe… ? Si tu ne vois pas de quoi je parle, vas faire un tour du cote d’Akihabara.
2/ le kabacura, c’est quand meme bien plus hot que les “simples” bars a hotesses ou on se content de boissons, de conversations et de contacts corporels “tres corrects”. Enfin, c’est un vaste sujet, et l’industrie du sekse au Japon est tres diversifiee.
-> Pascal B
3/ pour ton (2), disons que les japonais sont plus “proches du client”. Je ne partage pas ta facon de voir la chose, meme si je ne doute pas que ton experience en la matiere soit plus fournie. Je generalise sans doute, mais ce genre de fille est interessee par l’argent a la base.
4/ pour ton (3), si si, c’est possible. Seulement, si ca devient monaie courrante, la police vient et ferme la boite.
28 juin 2006 à 6:03
1/ C’est tres possible en effet. Quoique j’ai entendu parler de “Maid kyabakura”…
2/ En theorie ca ne vas effectivement pas beaucoup plus loin. Un kyabakura, ce n’est pas non plus un soap land .
Je suppose qu’apres ca depend du standing de l’endroit, de l’epaisseur de ton portefeuille, de ton age, de ton contact avec le personnel, etc. Mais ce n’est absolument pas la vocation premiere de l’endroit.
1 juillet 2006 à 11:42
Perso, les seules fois ou j’y suis alle, c’etait bel et bien un _oyaji_ (que je ne connaissais d’ailleurs quasiment pas) qui m’y a invite.
Mais il est aussi vrai qu’il y a aussi une bonne proportion de clientele “jeune”, d’apres des exemples concrets que je connais.
Pour ce qui est du “juste discuter”, la ou j’etais alle, ce n’etait pas un soapchepasquoi, mais c’etait neanmoins du “freetouch” (seul mot qu’a su me trouver l’oyaji pour expliquer), qui en clair voulait dire que tu pouvais a peux pres faire ce que tu voulais, hormis “penetration”…
Et en effet, la premiere photo fait plutot penser a un “maid bar” de akiba, avec les fameux “goshujin-sama~”
8 juillet 2006 à 10:19
Il existe le même phénomène en Chine, mais c’est plutôt dans des KTV (des endroits normalement fait pour chanter). Je me suis fait invité une fois par des amis chinois à un KTV, je croyais qu’ils voulaient juste qu’on s’amuse un peu en chantant (Délire de chinois). Dès qu’on est arrivé, ils ont fait rentré plusieurs filles et nous ont dit de choisir…Le prix était 100 yuan(10euros) juste pour discuter pendant la soirée, c’était marrant, j’ai pu entraîner mon chinois
10 juillet 2006 à 11:12
Gaijin pervers, merci pour les précisions. Pour le 2,
ta précision est correcte et logique.
Même que si t’es blindé de yens, que tu viens très souvent et que tu offres des beaux bijoux, il devient parfois possible d’inviter ton hotesse préféré au restau -si elle le veut bien- mais c’est elle qui décidera !
Remka, merci de ta réponse, elle me convient.