Archive for juin, 2006

La tribue de la colline

Jeudi, juin 29th, 2006

Roppongi hills La colline en question, c’est celle de Roppongi (六本木, litteralement “Six arbres” - ce qui explique le logo-embleme a six points de la photo a gauche), qu’on apellera donc en VO dans le texte Roppongi Hills. Mais pourquoi Hills et pas le nettement plus japonais saka (坂) - comme dans 赤坂 Akasaka ou 道玄坂 Dougenzaka, respectivement la colline rouge et la colline de Dougen, la fameuse colline des Love hotels de Shibuya - ? Hein, pourquoi ?
En fait a Tokyo, des que vous avez nom de lieu + hills, vous pouvez etre quasi certain de tomber sur un complexe ultra moderne et tape a l’oeil, avec centre commercial geant integre, galleries d’art et entreprises high-tech un peu partout (dernier en date, Omotesando Hills - du cote d’Omotesando, comme son nom l’indique). Hills comme… Berverly Hills, donc (sic). C’est dans un endroit de ce style que je travaille… (more…)

Ou remka fait des rencontres typiquement japonaises

Samedi, juin 24th, 2006

Carpe Hier soir, après mon travail, je suis allé prendre un verre dans un des nombreux nomiya (飲み屋) de mon quartier ou je vais de temps en temps. J’y ai rencontré un genre de personnage que je ne connaissait jusqu’à maintenant que par le cinéma : chemise rose bien voyante, argot pittoresque, et surtout énorme tatouage dorsal représentant une carpe (鯉 koi - image très forte de virilité ici) qu’il m’a montré avec une fierté visible - au grand dam du patron, visiblement un ami à lui. Ce monsieur faisait partie de la mafia japonaise, les (tristement ?) célèbres yakuza (arrivé à ce stade, je pourrais faire un post culturel, vous parler de la symbolique de la carpe au Japon, de la fête des garçons (鯉幟 - koi nobori), des liens entre mafia et partis politiques dans l’archipel, etc. Je pourrais, certes, mais je ne le ferais pas. Du moins pas cette fois-ci). (more…)

Les vieux un peu méchants

Jeudi, juin 22nd, 2006

Panzetta GirolamoJe me rends compte qu’une fois de plus, l’intitulé de ce post est étrange. La raison en est que j’ai tenté une traduction d’une expression à la mode ici : ちょい悪オヤジ (choiwaru oyaji, contraction de chotto warui oyaji). Des vieux un méchants donc. Mais de quoi s’agit-il ?

En fait cette mode a commencé avec M. Panzetta Girolamo (cf. photo - amie lectrice, qu’en penses-tu ?), dans le magazine de mode Leon. Ce qu’en france on apellerait vraissemblablement avec une touche de condescendance amusée un vieux beau constitue ici le summum de la classe et du raffinement masculin : occidental (évidemment), pas trop rasé, bien habillé mais un chouia négligé, il est - je cite - très tendance, et il n’a pas oublié comment se distraire (遊び心を忘れないおしゃれなおじ様) - pour etre plus précis, il est connait sur le bout des doigts ce qu’on apellera pudiquement les distractions des adultes (大人な遊びを知っている人 - je vous laisse imaginer ce que ce terme peut bien désigner). Bref un homme, un vrai.

Amis quadras français esseulés, il semblerait bien que ce soit le moment ou jamais de venir au Japon.

PS : Dans la foulée je vous glisse un lien vers le site de photos de Craig Cowling, Naughty James. Moi ça me plaît bien. Et vers le site de Hisashi Tenmyouya, dont j’ai vu des travaux il y a pas longtemps. Enjoy.

L’ami des animaux

Lundi, juin 19th, 2006

Déprime canine ?

La semaine dernière, j’ai découvert un nouvel ami des animaux © dans ma boîte, en plus du boss. Apellons le T.
J’arrive donc comme d’habitude vers 9h et demi (on est au Japon, donc c’est plutôt 9h et quart hein - évidemment personne ne vous dira jamais rien, mais on peut sentir les regards lourds des collègues qui sont déjà la depuis une bonne demi-heure dans le cas ou on arrive comme une fleur à 9h29) et comme je vais bosser avec T., comme a peu près chaque jour d’ailleurs, après le traditionnel “お早うございます!” (ohayô gozaimasu - “bonjour” - à prononcer d’un ton enjoué et plein d’énergie matinale, même avec une gueule de bois carabinée - les salarimen japonais ont d’ailleurs une façon bien spéciale de prononce cette phrase rituelle en bouffant les mots, du coup ça ressemble plus à “ossss !”) j’engage un peu la discussion avec lui. (more…)

Graphiste français au Japon : recherche d’emploi

Vendredi, juin 16th, 2006

J’avais évoqué le sujet il y a quelques temps, et proposé de faire une sorte de petit dossier sur le sujet. Voilà un debut de commencement, avec un certains nombres de points qui m’ont semblé assez représentatifs. (more…)

Ou il est (un peu) question de la gente masculine au Japon

Jeudi, juin 15th, 2006

kyaba Mon patron a trente ans. Trente ans tout juste, ce qui fait à peine deux ans de plus que moi.
Trente ans, et il est célibataire. Et visiblement, il a un peu d’argent de côté.
Que fait un japonais trentenaire non-marié quand il a de l’argent et envie de compagnie féminine, mais qu’il n’est pas nécessairement un dragueur flamboyant ? Il fait comme tout le monde, il va au kyabakura (キャバクラ, ou juste キャバ).
Mais qu’est-ce donc que le kyabakura, me demanderez-vous, avec une lueur interrogative au fond des yeux - et vous aurez bien raison. D’après ce que j’ai pu comprendre, le mot vient d’une contraction - toute japonaise - des mots “cabaret” et “club”, qui ont donc donné en japonais kyabare et kurabu, ce qui donne donc kyabakura. Les Japonais sont friands de ce genre d’expressions raccourcies, des konbini (convienience store) à la rimonkon (remote controller) en passant par la patoka- (patrol car), ce n’est pas ce genre d’expressions qui manquent dans la langue de Kawabata, du moins sous son avatar le plus contemporain. Mais revenons au sujet. (more…)

Le Japon est un pays merveilleux #2

Jeudi, juin 1st, 2006

Consigne à portable J’évoquais dans mon message précédent l’omniprésence de gadgets censés nous faciliter la vie, alors que dans bien des cas, du moins pour mon esprit obtu d’occidental, il ne fait que la rendre plus complexe - et pas forcément plus pratique. Mais peut-être n’est-ce juste une question d’habitude ?
Le fait est qu’il y a aussi de temps en temps des gadgets extrèmement pratiques. Tellement pratiques qu’on se demande comment on a pu vivre sans, barbares inconscients que nous étions. Je pense par exemple à cette machine à recharger les (téléphones) portables qu’on trouve en bonne place dans chaque conbini. Vous mettez cent yen dedans, branchez votre portable, le mettez dans une sorte de petite casier de consigne, et repassez le récupérer un quart d’heure après. Extrèmement pratique, surtout si on garde à l’esprit qu’il est très difficile de survivre à Tokyo sans téléphone portable (qui fait évidemment téléphone, mais permet aussi d’envoyer des mails, d’aller sur le net - par exemple pour consulter les horaires des trains ou faire une réservation, de prendre des photos, de consulter son agenda, etc.).
Les amateurs auront certainement noté le nom du fabriquant de la machine, qui a visiblement diversifié sa production depuis l’époque de Street Fighter 2.