Oya shirazu

Stickers Sous ce titre un brin exotique se cache une expression japonaise assez triviale. Oya shirazu (親知らず), en japonais, c’est tout simplement les “dents de sagesse”… La ou le francais insiste sur le caractere positif (la sagesse, qui, je suppose doit venir avec l’age), le japonais est un poil plus cynique, puisqu’on pourrait traduire litteralement oya shirazu par “ne pas (plus) connaitre ses parents” - ici aussi, une consequence de l’age ?
Bref. Comme je l’ai ecrit dans mes precedents commentaires, les jours se suivent, et les entretiens ne se ressemblenet pas. Fini Aoyama et les quartiers chics, mes derniers entretiens se sont deroules du cote de Shinjuku - pour etre precis a la limite de Kabukicho, quartier celebre pour ses plaisirs nocturnes en tous genres. Je postule donc pour un job de graphiste exe dans un studio de photo. Le boulot en soit n’a pas l’air passionant (exe), mais l’ambiance est assez unique (le Japonais blond avec lunettes de soleil et piercings de l’accueil aurait du me mettre la puce a l’oreil) : si le studio participe activement a une revue internationale de photo (shootings, PAO, mais aussi articles divers), il realise egalement les plaquettes et autres flyers de presentation des divers clubs du quartier, ainsi que les meishi (名刺 carte de visite) des hotes et hotesses qui bossent a cote. J’ai vu quelques echantillons, c’est assez pittoresque… Je dois certainement pouvoir trouver un poste plus prestigieux, mais j’avoue que l’idee de decouvrir un aspect du Japon contemporain relativement peu connu par les etrangers me seduit assez. Et c’est a dix minutes de chez moi…

Choisu Quand je suis arrive au Japon, on n’a pas arrete de me repeter qu’il etait indispensable d’avoir un costume impeccable, et d’etre rase de pres lors des entretiens d’embauche. Conseil que j’ai donc suivi a la lettre. Je suppose que ca doit tenir au secteur dans lequel je prospecte, parce que je n’ai jamais vu personne en costume depuis que je suis la - lors des entretiens, meme les Japonais qui attendent avec moi sont limite en jogging… Et j’ai eu droit a des reflexions, du genre “ahaha - tu es super smart - mais bon on n’est pas une banque, c’est pas la peine de t’habiller comme ca - ahah”. Bref, je vais faire comme en France, et conserver un style casual normal. Ca me donnera peut etre plus de credibilite en tant que creatif. Ahah.
La deuxieme image est un lapin pris dans mon quartier. “Guddo choisu” - good choice”, en rouge, c’est pour les sacs en papier recyclable… C’est quand meme plus mignon que les panneaux francais bien austeres. Non ?

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  • Ca ne saurait tarder...

9 Commentaires sur “Oya shirazu”

  1. Slow Philou nous interpelle :

    Héhé, voilà un article bien pittoresque ;-)
    Je suis allé regarder ce qu’il y a au bout du lien que tu as mis sur Kabukicho …. hé bé, effectivement pour du kabuki c’est chaud, très chaud même ! Mafia chinoise en tous genres, 40 % des délitsde toutes nature commis au Japon et recensés par la police seraient le fait des seuls chinois, on apprend des choses.
    Tes reportages sont passionnants comme un roman, un jour peut-être pourras-tu en faire un feuilleton publié dans un magazine, voire un bouquin ? Voire un bouquin illustré ?

  2. ben nous interpelle :

    je trouve ce lapin a chier

    (tu m’a enervé avec ta reponse sur le post d’avant)

  3. nico nous interpelle :

    Ah ah, Kabukicho… ça me rappelle certaine nuit japonaise. Peut etre que c’est un signe, et que les mizu shobai te suivent… Mais il est vrai que cela peut etre une bonne experience personnelle de travailler proche d’un milieu un peu trash-underground.
    Sinon Kabukicho est certe un peu chaud, mais c’est un quartier chaud pour le japon… on est loin de certain quartier en france.

  4. RMK nous interpelle :

    Slow Philou > Comme l’a ecrit nico un peu plus bas, ca reste le Japon, donc ce n’est pas vraiment dangereux - du moins pour les etrangers. C’est un peu comme Pigalle a Paris, en version japonaise. Pour cette histoire de feuilleton, j’y pense, oui. Peut etre une BD ? :)

    ben > je ne comprends pas bien en quoi ma reponse a pu t’enerver… Je ne sais pas si le fait d’habiter ici modifiera ma facon de concevoir des images - en fait je suppose que oui, mais il est un peu tot pour savoir en quoi (un mois, pile-poil). Pour l’instant j’ai surtout besoin d’un job.

    nico > En tout cas ca me ferait bien rire… Mais bon j’ai encore une tripotee d’entretiens prevus, donc je ne sais pas encore. La question du salaire est elle aussi assez centrale … ;) . Sinon effectivement, Kabukicho c’est pas Bagdad, ni meme St Denis, par contre ca depayse pas mal…

  5. Da Gate nous interpelle :

    D’la boulette. Merci pour le fil remka boy, c’est souper intéressant. Je suis ça de près même si je commente pas systématiquement..
    Et merde pour la suite. Goodeuleuckeu quoi.

  6. ben nous interpelle :

    Ce qui m’a enervé dans ta reponse d’avant c’est que tu pense qu’en “mettant ton ego de coté” tu puisse pouvoir reussir en tant qu’illustrateur … je ne te parlais pas de ta demarche de trouver un taf alimentaire , pour moi c’est juste peripherique au travail personnel artistique (et trés franchement necessaire sur le plan financier of course) .
    seulement je crois qu’a un moment donné il faut savoir laisser de coté les critique (meme constructive) et se concentrer sur son energie personnelle … et je ne crois pas que ce soit en faisant des compromis qu’on y arrive :-)
    avoir un “ego” n’est pas une chose mauvaise quand on est un “artiste” pour simplifier ….

  7. dale coop nous interpelle :

    Cool Remka. Suis du meme avis, ca pourrait etre une bonne experience que de decouvrir Kabukicho de l’interieur.
    Je suis reste tres souvent a Shinjuku, mais je dois dire que je n’ai fait que traverser Kabukicho, so je n’en connais que ce que le quartier laisse paraitre, du chaud, des lumieres, et des gens qui font un peu tout et n’importe quoi pour reussir a vous attirer dans leur club. En effet, faut bien se mettre dans la tete que les quartiers chaud du Japon sont vraiment different des quartiers chaud de Paris, au Japon la violence n’est pas la meme, le danger pour les Japon se resume a manquer le dernier train :p

    Une ptite BD ou recit d’illustrations ca le fait assez… Un peu dans la meme idee que Frederric Boilet (vivant sur Tokyo depuis qq annees)

    Ganbatte ne, Remka
    Ja ne

  8. RMK nous interpelle :

    Le Gate > Tankio collegue !

    ben > Ah mais je parlais pas de mon taf d’illustration, que je compte bien sur continuer dans mon propre style, mais bien d’un truc alimentaire - si possible en rapport avec le monde de l’image, histoire de garder un minimum le contact. Pas de meprise. je parlais de mes competences professionelles, que je ne savais pas encore trop comment mettre en valeur dans un entretien avec une interlocuteur japonais.

    dale coop > oui c’est un peu la meme que moi en fait. En fait je t’avoue que c’est tres tres loin d’etre mon quartier favori pour sortir faire la fete, meme si c’est rigolo d’y passer de temps en temps : cher, bruyant, et plein d’attrappes-nigauds pour les touristes. Mais je me dis que j’aurais bien aime voir comment etait l’envers du decor. Peut etre un peu deprimant, tout compte fait…
    Pour la BD, j’y pense de plus en plus, mais ca ne sera pas pour tout de suite, vu comment c’est parti.
    Sosite, toriaezu, ganbarimasu !

  9. Auguy nous interpelle :

    C’est un bon début! Tu vas finir par prendre tes marques ;)
    A plus tard