Blog is sexy
C’est amusant un blog. Ca permet de rentrer dans l’intimité d’une personne que l’on n’a jamais rencontrée, comme le dernier des voyeurs.
Sauf que dans ce cas la démarche est volontaire.
Pour beaucoup, je soupçonne que la rédaction d’une prose plus ou moins insipide, dans un français discutable, équivaut � une bonne vieille thérapie, et ce pour un coût beaucoup plus modique. Qui plus est, la psychanalyse souffre d’une image vieillotte, réservée aux bourgoises désoeuvrées ayant dépassé la quarantaine, alors qu’internet n’est plus, depuis quelques temps, le fief exclusif des geeks de tous poils. Internet est sexy. Et le blog est son cache-sexe.
On se retrouve en fin de compte face a des monologues rédigés dans la fièvre de l’inspiration (ou de son absence, certains textes sur les comédies romantiques ont été édifiants), qui s’avèrent au final plus destinés � soi-même qu’� un éventuel lecteur.
Comment réagir face � ce genre de textes ? Par l’indifférence ? Utiliser le tutoiement sans façon des forums, s’immiscer dans la vie privée de l’autre, vu que de toutes façon elle est etalée au grand jour, et laisser un commentaire (“Ben moi le nutella, je trouve ça trop sucré. Mais j’ai vachement aimé 4 mariages et un enterrement.”) ? Ou mieux, créer son propre blog, pour parler a tout un chacun de sa liste de courses, de ses angoisses existentielles, et de la santé de son chat ?
Je crois que les bloggeurs sont les frustrés de la real-TV. Ni assez beaux, ni assez charismatiques, ni même assez tarés pour participer a ce genre d’émission, ils veulent malgré tout les quelques minutes de gloire de Warhol, ne serait-ce que pour évoquer leurs problèmes intestinaux, et avec le minimum d’efforts. Même si personne, hormis leurs proches, ne les lit - chose que le bloggeur sait pertinemment. Ils ont le sentiment, même si la durée de celui-ci n’excède pas le temps de rédaction de leurs posts, d’exister un peu. On est en plein dans la notion de spectacle de Debord : Tant que quelque chose n’a pas été intégré au spectacle, on n’y croit pas, mais dès que cette chose y est intégrée, on n’y croit plus…
Et la dessus, je n’ai pas l’impression de faire exception � la règle.