Karasu

La semaine dernière, je suis rentré du Japon. Néons, bruit, câbles serpentants dans les airs. Tous les clichés inévitables du Japon contemporain.
Et les corbeaux.
Des corbeaux monstrueux, attirés par les restes des hommes, se repaissant et vivant dans les ordures.. La nature se réapproprierait-elle l’espace urbain, en s’y adaptant ? Il est vrai que cette espèce de corbeau semble particulièrement vicieuse. Je ne peux m’empêcher de penser au film d’Hitchcock lorsque, rentrant dans mon logement étroit, j’en croise quelques spécimens attablés autour de leur festin nauséabond. Ils me regardent d’un air indifférent. On m’a pourtant raconté que lors des hivers très rigoureux, ils s’attaquaient aux enfants. La mairie de Tokyo offrirait même des primes pour leur abattage.
Abattons les corbeaux. Si cette histoire de prime est vraie, je suppose que les sans-abri japonais, toujours très pragmatiques lorsqu’il s’agit de se faire un peu d’argent, doivent organiser de véritables battues dans les squares et jardins publics. Je les imagine, organisés en brigades d’intervention, luttant avec des moyens ingénieux quoique rudimentaires contre ces pestes volantes. Les plus entreprenants ont peut être même déja investi dans des armes � air comprimé.

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